Sebastião Salgado

GENESIS

05-1-450_43 - copie 04-2-163_57 - copie

De l’Afrique aux terres glacées de l’Antarctique, ce sont les plus beaux joyaux de notre planète que nous  découvrons tout au long de cette exposition. On reste coi face à ces photos aux allures romantiques, proches des paysages du peintre C.D.Friedrich, révélant les abîmes de beautés que  recèle la nature. Que ce soit des espaces désertiques ou luxuriants, une certaine magie s’opère au travers de l’objectif du brésilien. Cet objectif, il l’a mis au service de la Terre pour en défendre ses trésors. Pas besoin de couleur, le noir et blanc servi par de splendides clairs-obscurs révèle, exacerbe la beauté, la pureté et la simplicité de ce qu’il prend : visages ou paysages, faune ou flore.

04-1-664_65 - copie 08-1-112-54

Bien qu’il ne soit pas de la même nationalité que Luis Sepùlveda, S.Salgado en est proche par sa démarche et sa pensée. Genesis compléterait idéalement le recueil de nouvelles de l’écrivain chilien : Les roses d’Atacama. L’écrivain y est voyageur, nous contant entre autres des fables écologiques ainsi que des histoires de peuples en voie de disparition. A sa manière le photographe brésilien aborde les mêmes thèmes. Des indiens Zoé d’Amazonie aux Dinkas d’Afrique en passant par les peuples nomades du nord et leurs troupeaux de rennes, le photographe brésilien capture ces derniers humains qui n’ont pas encore succombé à la mondialisation et qui ont préservé leur mode vie si proche de la terre qui les entoure. S. Salgado nous montre la nature au travers de ses paysages qui sont les derniers bastions vierges de la griffe humaine, Éden pour une faune variée en voie, elle aussi de disparition. Des îles Galapagos au delta de l’Okavango c’est l’histoire même de la Terre qu’il retrace par le biais de  ses imperfections, de ses cataclysmes et de ses improbables havres de vie.

Claque visuelle, l’exposition nous touche en plein coeur. Souhaitons qu’elle déclenche une véritable prise de conscience au sujet de la préservation de notre si belle et si fragile planète.

Exposition du 25.09.2013 au  05.01.2014 à la Maison européenne de la photographie :

http://www.mep-fr.org/evenement/sebastiao-salgado-2/

http://www.amazonasimages.com/grands-travaux?PHPSESSID=821adba41df4c9a8c1d2388c6eebdd63

Publicités

Le printemps de la Renaissance

La sculpture et les arts à Florence, 1400-1460

Affiche_20x30_RENAISSANCE_16juillet copie

Une des premières expositions du Louvre par laquelle je suis conquise! La scénographie est claire, les œuvres sont mises en valeur, le parcours cohérent et varié, le propos pertinent et réfléchi. Un juste équilibre est trouvé entre les œuvres prêtées et celles appartenant  aux collections du Louvre et c’est un plaisir pour les yeux. En un mot une réussite!

Au niveau du sujet abordé, on ne peut être que content de voir une exposition consacrée à la « première Renaissance italienne », celle qui a vu naître la perspective et qui est souvent délaissée au profit de la seconde Renaissance, celle de Léonard de Vinci, Raphaël et Michel Ange, pour faire court. Pourtant cette période est essentielle dans la construction de l’histoire de l’art européenne. De nombreux Chefs d’œuvre, maillons essentiels pour la compréhension de cette période sont exposés. Citons notamment les panneaux du concours pour la seconde porte du baptistère de Lorenzo Ghiberti et de Brunelleschi, les maquettes du dôme de la Cathédrale Santa Marira del Fiore. Mais aussi un grand nombre de sculptures de Donatello (qui est un peu l’artiste fil conducteur de l’exposition) des portraits de Mina da Fiesole ainsi que plusieurs sculptures et peintures  antiques, présentes pour illustrer ce retour à l’antiquité et l’inspiration qu’elles ont suscitée chez beaucoup d’artistes au quattrocento.

Les + pour moi : les murs blancs de l’exposition qui éclairent les salles et mettent en valeur les œuvres (c’est vraiment rare d’avoir une aussi belle scénographie qui prend vraiment en compte l’espace mis à disposition). La variété des œuvres exposées : portraits, sculptures en pied, madones, sculptures architecturales, peintures, maquettes, enluminures et lorsque certaines oeuvres sont essentielles au propos et ne sont pas présentes ou qu’il est intéressant de resituer les sculptures, des photos sont présentées. Il n’y a pas trop d’œuvres juste ce qu’il faut et les choix sont pertinents. Même chose pour les comparaisons qui sont faites, elles nourrissent et illustrent parfaitement le propos.

Au final, on ressort de cette exposition en ayant eu un très bon aperçu de cette période (sans s’être déplacé à Florence) tant sur le plan des idées que des œuvres et en ayant compris à quoi correspondait cette renaissance et quels en étaient les enjeux.

http://www.louvre.fr/expositions/le-printemps-de-la-renaissance-la-sculpture-et-les-arts-florence-1400-1460